Mairie de Biville
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Biville dans l’histoire

Biville avant l’histoire

Le livre « Mémoire de la Société des Antiquaires de Normandie » signale au XIXe siècle la présence, entre deux monticules appelés les Huches, non loin du stade actuel, le reste de deux tombelles, peut-être des tumulus de l’âge de bronze, comme on en trouve dans la Hague, qui auraient disparu suite à l’aménagement de la route Biville à Sainte-Croix-Hague.

Ce livre site également la découverte de monnaies antiques dites de « Trajan » et petit bronze en grand nombre, près du village du Vinnebus, en un lieu dit « la mine » appartenant à la famille Groult et également la présence de ruines d’habitation et découverte de médailles romaines dans les « Mielles » de Biville.

Voilà à peu près tout avant que l’on voit apparaître le nom de Biville (Buistot villa) dans une charte , vers l’an 1013 et 1020, retranscrite dans le cartulaire  du monastère St-Martin de  Marmoutier, près de Tours,  sous le règne  du duc Richard II de Normandie, par lequel il fait don d’une partie de son domaine dans le pays du Cotentin, dont ses terres à « Buistot ville » aux moines et au vénérable Ebrald, abbé de St-Martin, pour le salut de son âme et celle de toute sa famille.

« BUISTOT, BUIVILLA, BIVILLE »

Beaucoup s’interrogent sur les noms de lieux de la Hague et du Cotentin, parfois difficile à prononcer quand on est « horsain », et dont l’origine n’est pas toujours  évidente à cerner.

Le nom de  notre village n’y échappe pas, et pour qui veut un début de réponse il faut remonter au Xe siècle, à la fin de l’empire Carolingien, lors des invasions scandinaves et de la formation de la Normandie, pour en trouver une.

Origines nordiques ou germaniques ?

Si ces scandinaves ont d’abord été Vikings, à la recherche de bonnes affaires et de bonnes terres, ils se sont vite intégrés au pays et ont constitué de nombreuses propriétés. Les deux termes pour désigner ces propriétés, à l’époque, sont le scandinave tot, ou l’ancien norrois topt que l’on peut traduire par « domaine rural, pièce de terre avec habitation » puis latin  ou plutôt le gallo-roman villa « domaine rural » et qui vient terminer le nom de Biville, le début étant un anthroponyme (nom de personne) dont l’origine et l’identification a occasionné certaines divergences chez les spécialistes :

Nom de personne francisque Boio, solution préconisée entre autres par Albert Dauzat , Adigard des Gautries et Lechanteur , puis Marie-Thérèse Morlet .

Nom de personne anglo-saxon Boia (forme anglo-saxonne du précédent), envisagé par François de Beaurepaire. Ce dernier, on le sait, a souvent mis l’accent dans ses travaux sur la présence de noms d’Anglo-Saxons dans la toponymie normande.

Nom de personne francique Bovin, attesté en Gaule sous la forme latinisée Buvinus, avancé par Ernest Nègre.

Enfin, considérons l’éventualité d’un nom scandinave : en l’occurrence, l’ancien norois Bói , représenté par l’ancien danois et suédois Bo et l’ancien norois de l’ouest Búi, en tant que nom individuel ou surnom. C’est cette toute dernière variante qui semblerait le mieux convenir. Ce nom repose sur l’ancien norois de l’ouest búi « habitant, résident », dérivé du verbe búa « demeurer, habiter, résider ». Cette solution est rendue d’autant plus probable que la première attestation de ce toponyme, Buistot villa, (vers l’an 1013 et 1020), comporte l’élément d’origine remplacé par ville par la suite. On peut penser que, lorsque que les propriétaires scandinaves avaient besoins des clercs pour leurs actes officiels, baux, ventes, testaments … ceux-ci utilisaient tantôt le terme scandinave tot , tantôt le terme latin villa, pour désigner le domaine, et c’est ainsi qu’apparu Buivilla et le toponyme ville si commun dans le Cotentin et en Normandie. Buivilla, s’est au fil des siècles transformé et francisé en Biville. (Boivilla ou Boiville en 1062, Buevilla en 1080 et 1217, Boevilla au 13e s, Buievilla en 1280, ecclesia de Boevilla en 1332, Buevilla 1351/1352 et Biville à partir du 15e s).

Ce type toponymique, dans le sens de « domaine rural de Boio / Boia / Bovin / Bói », se rencontre également en Normandie sous la forme Biéville (une fois dans la Manche, deux autres dans le Calvados), et par trois fois en Seine-Maritime sous la forme Biville et tous ont la même origine, apportée par les « hommes du Nord » qui ont fait souche dans notre région voilà plus de mille ans.

Église San Miguel de Biville, Galice

Pour l’anecdote, il existe encore une autre Biville, espagnole celle-là, en Galice perchée au dessus du chemin de Saint-Jacques de Compostelle, d’environ 100 âmes et qui a peut-être vu passer Thomas Hélye, au début du XIIIe siècle, lors de son pèlerinage qui le mena  de Rome vers se lieu mythique, qui sait ?

Thomas Hélye, le « saint » de la Hague

Thomas Hélye serait né entre 1180 et 1187 en la paroisse de Saint-Pierre de Biville. Les parents de Thomas, Hélye et Mathilde, auraient été de simple condition. Après avoir vraisemblablement étudié chez les bénédictins des prieurés de Vauville et d’Héauville et chez les chanoines augustins de l’abbaye Notre-Dame-du-Voeu, il devint maître des écoles de Cherbourg vers 1225. Il s’y fit remarquer par ses talents de pédagogue. À la suite d’une forte fièvre qui le mit aux portes de la mort, il connut une véritable conversion. Se retirant chez son frère Guillaume, en sa paroisse natale de Biville, il y mena une vie de pénitence. Hirsute, le vêtement négligé, il s’y livra au jeûne et à la mortification.

Tableau peint d’après un plus ancien, représentant Thomas, homme de pénitence.

Ayant appris sa conduite, l’évêque de Coutances – Hugues de Morville, ou peut-être plutôt Jean d’Essey, alors archidiacre – le fit appeler à lui et l’incita à soigner sa tenue. Avant qu’il soit appelé au sacerdoce, Thomas Hélye accomplit les pèlerinages de Rome et de Saint-Jacques de Compostelle et traversa la Galice, qui lui rappelait sa Hague natale avec ses collines, ses landes et ses genêts. A Paris, il étudie pendant quatre années la théologie. Il y fréquenta Eudes de Châteauroux, chancelier de l’Université, et le dominicain Hugues de Saint-Cher, son professeur et confesseur, l’un et l’autre futurs cardinaux, qui témoigneront de sa piété. Lorsqu’il fut ordonné prêtre, les évêques de Coutances et d’Avranches lui confièrent un ministère missionnaire de prédicateur itinérant. En vingt-deux années, il parcourut, dit-on, les 600 paroisses de ces deux diocèses. Il y était accueilli avec ferveur par la foule aux cris de «  Voici l’homme de bien ! Voici l’homme de Dieu ! ». Quand il ne prêchait pas il priait, ne mangeant que pour ne pas mourir, prenant son repas sur un banc, un livre ou une pierre en guise d’oreiller, son seul manteau pour couverture. On dit que le roi Saint-Louis lui aurait offert une chasuble et un calice ce qui autorise certains à lui attribuer indûment le titre d’aumônier du Roi.

À la fin de sa vie, affaibli par ses privations, Thomas Hélye se retira au manoir de son ami Gauvin, seigneur de Vauville. Il y rendit son âme à Dieu le 19 octobre 1257. Le lendemain, son corps fut porté en sa paroisse natale et voisine de Biville au milieu d’un grand concours de peuple. Son tombeau de marbre, reconstruit en 1910, se trouve dans le chœur de l’église où il est honoré par de nombreux pèlerins, spécialement lors des fêtes annuelles du 19 octobre. Il y a cent ans on raclait le calcaire de l’ancien tombeau pour recueillir une poussière qu’on mêlait, avec l’eau de sa fontaine, à la bouillie des enfants.

Canonisé par la vox populi dès son décès, Thomas Hélye, à l’intercession duquel sont attribués de nombreux miracles de guérison, fut béatifié par le pape Pie IX le 14 juillet 1859. Léopold Delisle, originaire de Valognes, prit une part décisive dans l’élaboration du dossier alors soumis au Saint-siège, mais il semble qu’il n’était pas assez sérieusement constitué pour permettre que Thomas fût admis au rang des saints.

Les réfugiés de la peste

Lorsque, vers 1630, se déclara une épidémie de peste à Cherbourg, des milliers de gens de la région se réfugièrent à Biville sous la protection de Thomas Hélye, et ils échappèrent effectivement au fléau.

Pour marquer leurs remerciements, un clocher est construit au côté sud de l’église, vers 1631, grâce aux offrandes des pèlerins et des rescapés de l’épidémie de peste.

D’ailleurs à cette époque Biville passe pour être une  paroisse des plus salubres de la région, il parait que les centenaires y étaient fréquents et l’on cite même une femme, du nom de Renep, qui y mourut, en 1697, à l’âge de  116 ans.

Sieur Dugardin, patron de Biville

On comptait autrefois parmi les notables habitants de Biville, la famille de du Gardin, qui portait d’azur chargé d’un aigle d’argent becquée et griffée d’or et au soleil d’or. Pierre Dugardin, sieur des Monts, demeurant en la paroisse de Biville, en la sergenterie de Tollevast fut anobli en janvier 1653 (dictionnaire des familles Françaises) .

Pierre Dugardin, écuyer, sergent et patron de Biville et François César du Gardin firent enregistrer leur blason à l’armoirial général en 1696 au registre de Valognes.

Blason de la famille du Gardin

Entre 1674 et 1684, les du Gardin déclarent possession, par aveux rendu au roi, de terres et de maisons tenues du domaine de Valognes, en la paroisse de Biville. D’autres familles de Biville font de même, les Toulorges, Frimot, Bosvy, Henry, Guérard et Gosselin. Trois pièces de terre sont déclarées possédées en commun appelées la lande de Biville, Bival et les Mielles.

Carte Cassini de Biville en 1756

C’est également Jacques-François du Gardin, seigneur de Biville et lieutenant-colonel d’artillerie, qui commande en 1778, grâce aux offrandes le nouveau tombeau de Thomas Hélye,  pour remplacer le précédent, usé par les fidèles. Le couvercle en marbre blanc sculpté représente Thomas Hélye dans la tenue d’un prêtre du XVIIIe siècle, le visage tourné vers le ciel. Le bas-relief a été mutilé entre janvier et juillet 1794 durant la révolution.

Carte couleur de Cassini levée en 1756 et parue en 1758

Cadastre Napoléonien de Biville 1819

Liste des Maires de 1790 à nos jours

1790 – 1791 Charles Henry des Vagans laboureur
1791 – 1792 Amand Henry maréchal
1792 – 1803 Bon Guérard laboureur
1803 – 1810 Pierre Moulin journalier
1810 – 1815 Thomas Henry
1815 – 1816 Nicolas Lecostey
1816 – 1824 Pierre Postel laboureur
1824 – 1830 Charles Marin Déquilbec cultivateur
1830 – 1834 Sébastien Lecostey
1834 – 1835 Pierre Moulin
1835 – 1865 Bon Laurent Sanson cultivateur
1865 – 1868 Pierre Auguste Moulin cultivateur
1868 – 1877 Thomas Louis Bourget
1877 – 1878 Jean Charles Henry cultivateur
1878 – 1884 Pierre Auguste Marin Postel cultivateur
1884 – 1888 Jean Louis François Grisel cultivateur
1888 – 1896 Pierre Auguste Marin Postel cultivateur
1896 – 1899 Jean-Baptiste Broquet dit Longchamp cultivateur
1899 – 1904 François Augustin Sanson cultivateur
1904 – 1919 Jean Hamel
1919 – 1924 Jean Étienne Lecoutour prêtre, vicaire puis curé de Biville
1924 – 1925 Louis Marin Jean-Baptiste Pasquier cultivateur
1925 – 1931 René Pierre Sanson cultivateur
1931 – 1935 Jean Charles Léon Paris cultivateur
1935 – 1937 Jean Auguste Marin Letellier
1937 – 1938 Jean Charles Léon Paris cultivateur
1938 – 1945 Charles Pierre Anthénor Thomasse cultivateur
1945 – 1945 Auguste Jean Louis Letellier agriculteur
1945 – 1965 Charles Pierre Anthénor Thomasse cultivateur
1965 – 1971 Raymond Louis Joseph Bienvenu agriculteur
1971 – 1983 Charles Eugène Auguste Renet conducteur de travaux
1983 – 1988 Nicolas Philippe Marie Dupont ingénieur
1988 – 2008 René Hébert agent EDF
2008 – ……. Jean Arlix agent Areva

Démographie de 1793 à nos jours

1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
348 273 407 491 448 415 401 380 376
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
402 411 428 410 383 339 352 380 390
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
347 323 313 270 267 277 259 320 307
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011
229 221 223 245 364 415 494 534 547

Vue de Biville Fin XIXémé siécle

Vue de Biville Fin XIXème siècle

Le monument aux morts

Presque un an après la Grande Guerre, la loi du 25 octobre 1919 sur « la commémoration et la glorification des morts pour la France au cours de la Grande Guerre » est promulguée sans toutefois avoir un caractère contraignant. Chaque commune, selon ses moyens, pouvait faire ériger un simple obélisque de pierre ou un monument plus important.

Biville ayant perdu 14 de ses enfants lors du conflit, le conseil municipal décide, en 1921, d’une souscription auprès des Bivillais pour la construction d’un monument consacré aux soldats de Biville « Morts pour la patrie ».

Le Maire et le conseil municipal devant le monument aux morts de gauche à droite – Pierre Bourget – Pierre Pasquier – Léon Paris – Jean Hamel – Le Père Lecoutour Maire – François Sanson – Louis Pasquier – Louis Langlois – Adolphe Henry – Thomas Baudin

Cette souscription apporte moins d’un quart de la somme pour une telle construction, le Maire de l’époque, et également curé de Biville, l’abbé Lecoutour, décide de financer le reste sur ses propres deniers, la commune n’étant pas en état de payer ces dépenses.

Soldats Bivillais morts en 14-18

La seconde guerre mondiale

Vestiges du mur de l’Atlantique

Après la défaite de juin 1940 et l’installation des Allemands dans le Cotentin, une décision de construire un système fortifié le long des côtes de l’Europe est prise par les occupants dès début 1941 et l’organisation en est précisée dans une directive du 14 décembre, souvent considérée comme l’acte officiel de naissance du Mur de l’Atlantique.  La construction proprement dite commença à l’automne 1942 et se poursuivit pratiquement jusqu’au débarquement du 6 juin 1944.

La côte de Biville ne fut pas épargnée par ce bétonnage, ainsi que sa plage, minée et  recouverte de défenses, fortifiée contre un éventuel débarquement.

Le maréchal Rommel inspectant les défenses en mai 1944 (Photo Atlantikwall)

Mai 1944 (Photo Atlantikwall)

Photo Bundesarchiv

Groupe de 6 soldats allemands posant des barbelés dans les dunes (Photo allemande – col. Normandie Mémoire)

La tombe du pilote anglais

En entrant par l’entrée ouest du cimetière, à gauche, près du mur se trouve la tombe du pilote anglais Peter Edward DREW, squadron leader de la RAF, abattu le 1er Aout 1940 et retrouvé sur la plage de Biville le 22 août 1940. Il pilotait un chasseur bombardier Bristol Blenheim de l’escadron de chasse 236 et était affecté à la surveillance des côtes sud de l’Angleterre depuis octobre 1939. Au début de l’été 1940, il patrouillait dans le secteur Le Havre-Cherbourg et devait détruire tout avion ou navire ennemi repéré.

 Mark No.236 Squadron

Le 236ème escadron de la Royal Air Force à Aldergrove au départ, le 19 Novembre 1940, avec leurs Bristol Blenheim (Impérial War Museum)

Le 17 juillet, en  pleine bataille d’Angleterre, il affronte 3 avions de transport Junkers Ju 87S et un autre appareil, l’escadron perdant 3 avions durant ce mois.

Ces patrouilles ont continué, ainsi que les pertes et le 1er août, il décolle à 15h00 de la base de  Thorney Island (Sussex, près de Portsmouth), avec son mitrailleur le lieutenant d’aviation Benjamin Nokes-Cooper, pour mission d’escorte de bombardiers et d’attaque d’un aérodrome dans le secteur de Cherbourg, celui de Querqueville, qui était utilisé par la Luftwaffe comme base avancée de chasseurs. Vers 17h15 il est, soit touché par un tir de DCA soit abattu par l’Oberleutnant Walter Adolph appartenant à la luftwaffe allemande, il s’écrase en mer près de Biville.

Chasseurs Messerschmitt Bf 109E sur l’aérodrome de Querqueville en juillet 1940 (photo Atlantikwall)

Fils du Commodore de l’air, Bertie Clephane Hawley Drew et de Edit Drew, il est né le 16 juillet 1910 et vivait à Seaview sur l’île de White. Après un passage au Marlborough collège entre 1924 et 1929, il s’engage dans la RAF en tant que cadet en septembre 1929, devient officier pilote en 1931 et après plusieurs affectations, dont une en Egypte, il est promu chef d’escadron (squadron leader) le 1er décembre 1938. Au déclenchement de la guerre il devient commandant du 236ème escadron du Coastal Command. Il été marié avec Elizabeth Drew Denzil.

Sa tombe est régulièrement entretenue et sa mémoire honorée tous les 11 novembre. Son équipier le Lieutenant Benjamin Noques-Cooper repose au cimetière militaire de Bayeux.

(sources: Commonwealth War Graves Commission, mémoriaux et monuments de l’île de White et RAF WWII  38 groupe squadron reunited)

La libération

Suite au débarquement du 6 juin 1944 et aux féroces combats qui s’en suivirent, le VIIe US Corps lance l’offensive sur Cherbourg le 19 juin.

Sur l’aile ouest, l’objectif de la 9ème US Infantry Division est une ligne de hauteurs entre Saint-Germain-le-Gaillard et Rauville-la-Bigot. Face aux Américains, des éléments des 77e  et 243e Infanterie-Divisionen Allemande. Bricquebec est libérée vers 7h et, peu après midi, la mission est remplie sans opposition notable.

Un vitrail de la libération en huit panneaux est consacré à la libération de la région par les troupes américaines en juin 1944 par Louis Barillet

L’avance rapide risquant de mettre en danger le flanc droit, le Général Eddy  obtient l’appui du 4e Cavalry Group. Le 39e Infantry Regiment approche de Saint Christophe-du-Foc, le 60e Infantry Regiment est à Helleville après avoir pris contact avec les FFI aux Pieux.

Le plan final doit permettre de s’emparer de positions clés avant l’assaut final de Cherbourg, et simultanément d’isoler la péninsule de la Hague ; à cette fin, la cote 170, à l’est du Haut de Biville, doit être prise.

Le 30 juin, après des bombardements aériens, le 60e Infantry Regiment progresse facilement, les Américains traversent Vasteville ; à la mi-journée, Biville est enfin dans la zone libérée, le 3e Battalion subit encore quelques tirs de l’artillerie allemande venant de Vauville avant d’occuper la cote 170. Les combats se poursuivent dans le cap de la Hague jusqu’au 1er juillet avec la libération d’Auderville.

Carte des opérations (U.S Army)

« Quoi de neuf dans votre commune M. le Maire »

Parfois le hasard fait bien les choses. C’est en débarrassant, un bâtiment de sa ferme qu’un habitant du Haut de Biville a retrouvé un ancien exemplaire de la presse de la Manche, daté 11 octobre 1963 et  jauni par le temps , dont un article évoque un ancien propriétaire des lieux, M. Charles Thomasse, cultivateur de son état mais également Maire de Biville. Sous le titre « Quoi de nouveau dans votre commune M. le Maire » cet article propose une courte biographie du premier magistrat, puis fait remonter du passé les affaires municipales du moment.

Né à Biville en 1895, Charles Thomasse qui est issu d’une vieille famille de Biville, prit très jeune une part active dans l’exploitation familiale, après avoir perdu son père à l’âge de 4 ans. En 1915, il est mobilisé et participe en 1916 à la bataille de Verdun dans les rangs du 9e Génie. Médaillé de la Croix de guerre 14-18, il présidera longtemps l’association des anciens combattants de Biville. De retour au pays, il dirige l’exploitation avec sa sœur, Bernardine, et sa mère (décédée en 1956 à 86 ans) et restera célibataire. En 1937, il est élu conseiller municipal puis Maire en janvier 1938 et le restera jusqu’en 1965. Pour son dernier mandat, il a pour adjoint M. Raymond Bienvenu (Futur Maire de 1965 à 1971) et pour conseil municipal MM. Pierre Ecolivet, Jean Paysant, Serge Sanson, Raymond Hasne, André Legrand, Ferdinand Cauvin, Joseph Meurie, Paul Langlois et Louis Sohier.

En 1963, Biville (le bourg et 6 hameaux) compte 229 âmes pour 45 foyers, chiffre en diminution de 78 habitants par rapport au recensement de  1954, le Maire explique que cela est dû au départ de plusieurs artisans et familles vers Jobourg pour la construction de l’usine « atomique ». L’école était dirigée, depuis juillet 1938, par Mademoiselle Maçon (actuelle doyenne de notre commune) et en cette rentrée elle accueille 29 élèves, filles et garçons, entre 6 et 14 ans en une classe unique, elle les prépare au certificat d’étude, à l’entrée en 6e ou au lycée et collège technique. La paroisse est desservie par M. Labbé Lecoeur, également curé de Sainte-Croix-Hague et Branville.

L’aspect économique représente 27 exploitations agricoles, principalement laitières dont 4 de plus de 50 ha (appartenant à MM. Letellier, Dumoncel, Houel et Thomasse), 3 fermes de 30 à 40 ha, 4 de 20 à 30 ha et 16 de moins de 20 ha. La production laitière locale était absorbée par la laiterie de Gréville-Hague et le bétail vendu sur place ou dans les foires des environs. Les troupeaux de moutons sont également nombreux dans les herbages et les dunes de Biville, la réputation du pré-salé local n’étant plus à faire.  Le syndicat communal agricole était présidé par M. Auguste Letellier.  On trouve également  deux cafés-restaurants, un au bourg tenu par M. Martin et celui de M. Boivent, également forgeron à la Croix Frimot, deux bazars au bourg tenu par Mme. Jorey et M. Martin. Deux carrières, une à Bival exploitée par M. Leroux, dont la pierre sert à la réfection des routes, l’autre aux Vaux, propriété de MM. Renet et Leroux, d’où l’on extrait une pierre tendre pour l’usine de Jobourg. Autrefois on trouvait à Biville quatre couvreurs spécialisés en pierres du pays, il n’en restait plus qu’un, Joseph Lagoutte, qui employait deux ouvriers. L’été, plusieurs colonies de vacances de la région Parisienne s’installent dans le bourg, et les dunes et la plage attirent, déjà, plusieurs dizaines de bus de touristes certains jours.

Au programme des travaux de la municipalité, et ce depuis  plus de 15 ans, la réparation des dommages de guerre. Biville avait peu souffert de la guerre, mais les Allemands avaient fortifié les côtes et également créé à l’entrée du village des lacs artificiels destinés à inonder le pied des dunes. Heureusement ils ne purent utiliser ce moyen pour bloquer l’avance alliée. Par contre les Américains, installé au Haut de Biville, dès le 18 juin 1944, après de durs combats et bombardements aériens, subirent pendant 10 jours d’intenses tirs d’artillerie. Un seul blessé fut à déplorer dans la population, par contre le bétail subit de lourde perte et beaucoup de bâtiments sinistrés au nombre desquels figurent l’église (toiture et vitraux), le presbytère. Leurs réparations ont pris du temps et en cette année 1963 l’école s’est vue adjoindre un préau ainsi qu’une cour goudronnée à neuf, des travaux de voiries sur les routes d’accès au village sont aussi à l’ordre du jour ainsi que la dernière tranche du réseau d’adduction d’eau, la commune étant désormais totalement desservie en eau courante. Dernièrement, le projet d’aménagement d’un  « plateau scolaire-terrain de sport » a été approuvé par le conseil municipal.

Les Bivillais ont fait confiance à Charles Thomasse pendant plus de 27 ans, certainement à cause de sa longue expérience d’élu local, son intérêt du bien communal et de son dévouement au service de tous.

Cartographie

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Carte interactive de la commune de Biville.

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16 rue Thomas Hélye
50440 Biville

 

Tel.:02.33.04.54.43

Fax.:02.33.04.42.30

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Le lundi 15h00-18h00
Le jeudi 15h00-18h00

Actualités

  • Association de sauvegarde de l’église de Biville  
    30 mai 2017

    DSCN1408

    Une nouvelle association a été créée le 29 mars 2017 à Biville. Cette association « sauvegarde de l’église et du patrimoine de la commune  » est composée de 14 personnes. Président : Gérard Sanson Trésorier : Eric Leduc Secrétaire : Isabelle Dufour Membres : Bernard Agnès, Bénédicte Renet, Pierline Leduc, Jean Boivin, Léon Paris, Ginette Paysant, Agnès Delamare, Charles Renet, Roger Dufour, Jean Arlix et Emmanuelle Larquet. Le but […]

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